Quand apporter votre instrument chez un luthier.
Pour une pratique amateur (ou pour de jeunes enfants), je vous conseille une révision annuelle systématique pour éviter tous désagréments.
Cette périodicité devrait être ramenée à six mois pour ceux qui jouent d'une manière intense (professionnels, étudiants à haut niveau).
Vous vous apercevrez à l'usage que le coût d'entretien de votre instrument aura plutôt tendance à baisser avec un entretien régulier, sans parler du confort de jeu et de la confiance que vous pourrez avoir dans votre violon, alto ou violoncelle.
Un exemple simple de défaut d'entretien : le chevalet est légèrement tordu et n'est pas redressé à temps, il faudra le changer ce qui coûte environ quatre fois plus cher !
Vous devez également montrer votre instrument en cas de perte de sonorité, de vibration parasite ou d'apparition d'un défaut que vous ne pensiez pas avoir remarqué auparavant (décollage, amorce de cassure, usure intense du vernis etc...). C'est pour cette raison que l'essuyage systématique de l'instrument après le jeu est très important : il vous fait faire inconsciemment le tour de l'instrument et visualiser les éventuelles anomalies.
Regardez aussi si votre chevalet est bien droit (en regardant l'instrument de côté).
S'il à tendance à se tordre, il est peut-être possible de le redresser sans le changer.
Si vos chevilles ne tiennent plus, elles ont peut-être besoin d'être ajustées (vérifiez d'abord si les cordes sont bien enroulées au niveau des chevilles, voir ici).
Attention : il est normal que l'instrument se désaccorde beaucoup pendant quelques jours après avoir changé de cordes.
Le déroulement d'une révision type :
Pour retrouver les principales opérations décrites si-dessous, voir l'article sur le montage ici.
- Vérification des décollages (bords de table et fond sur le moule, enclavement, touche,) avec examen visuel attentif de toutes les parties constituant l'instrument et recollages si nécessaire,
- Vérification de l'état de surface de la touche (marques laissées par le jeu, normalement les doigts se posent toujours aux mêmes endroits...), simple nettoyage polissage ou ponçage polissage ou rabotage le cas échéant.
- Vérification du contact entre les chevilles et la tête, avec graissage et ajustage si nécessaire,
- Vérification du forçage de l'âme, de son emplacement et de son ajustage,
- Vérification du chevalet (est-il tordu?, ces pieds plaquent-ils bien?) avec contrôle des hauteurs de cordes par rapport à la touche et changement du parchemin si nécessaire,
- Nettoyage de la table (pour enlever les traces de colophane) ou de la totalité de l'instrument selon son niveau de propreté,
- Contrôle de l'état des cordes et changement si nécessaire,
- Vérification du fonctionnement du ou des tendeur(s),
- Contrôle de l'état des lièges (ou cuirs) de protection de la mentonnière (pour les violons et alti...) et remplacement le cas échéant,
- Vérification du fonctionnement de la pique et affutage de la pointe (pour les violoncelles...).
Et voila, c'est fini... Vous pouvez venir récupérer votre instrument !
Si son entretien est bien suivi, vous ne devriez quasiment pas avoir de problème à part le changement des cordes et peut-être quelques recollages de bord...

Un article bien juste : "Vous vous apercevrez à l'usage que le coût d'entretien de votre instrument aura plutôt tendance à baisser avec un entretien régulier".
J'ajouterai même qu'un entretien régulier permet de prévoir d'une année sur l'autre de gros travaux : touche à changer, trou de chevilles à reboucher etc. Cela évite les catastrophes du type : faire changer les chevilles trois jours avant un concert important... En plus, cela permet de prévoir les finances d'une année à l'autre !
Je rejouterai également qu'il est important d'avoir "SON"' luthier, le sien, son préféré, en qui on a une totale confiance ! Votre luthier préféré se souviendra de votre violon et le connaîtra bien mieux qu'un luthier que l'on voit dans l'urgence. Et même s'il faut faire un peu de route, ça en vaut la peine.
A bientôt,
Sir Gand et Bernardel
Merci Sir Gand et Bernardel, voici qui apporte de l'eau à mon moulin...
T. Billoux