Le LSO au Duo Dijon sans leurs instruments.
Le 14 mars 2008 revue de presse par David Khor
Cet article est intégralement reproduit du site www.concertclassic.com, vous le trouverez ici. L'évènement date du 8 mars 2008.
"Le concert du London Symphony Orchestra, dirigé par Valery Gergiev, samedi 8 mars à l’auditorium de Dijon a pu être donné grâce à une entraide exceptionnelle et inoubliable entre de nombreux professionnels de la musique.
Les instruments des musiciens de l’orchestre du LSO se trouvant bloqués à la douane de Calais, le duo dijon a réussi le tour de force de récupérer plus d’une centaine d’instruments en Bourgogne, à Lyon et à Paris notamment, en moins de six heures, afin que l’un des meilleurs orchestres au monde puisse se produire malgré tout à l’auditorium de Dijon pour interpréter rien moins que la 7e de Mahler ! C’est la totalité des instruments de la nomenclature qui ont été trouvés : des cloches de vache à la mandoline, en passant par le basson allemand, au tuba ténor et aux quelques 30 violons, 12 alto, 10 violoncelles et 8 contrebasses.
Deux luthiers, Eric Aouat[1] à Lyon et Thomas Billoux à Chalon-sur-Saône, l’Orchestre National de Lyon, quelques musiciens dijonnais, les Conservatoires à Rayonnement Régional de Dijon et de Chalon-sur-Saône et des bassonistes de l’Opéra de Lyon et de l’Orchestre National de Lyon ont prêté gracieusement des instruments de grande qualité et le matériel d’orchestre. En ce qui concerne la petite harmonie et les cuivres, les instruments ont été loués dans de grandes boutiques parisiennes. Après cette course effrénée aux instruments (qui s’est arrêtée à 21h20 et qui a mobilisé de nombreux véhicules à travers toute la France), les musiciens ont pu répéter 20 minutes seulement avant de commencer, en jean et T-shirt, le concert sur des instruments qu’ils ne connaissaient pas. Après un retard de deux heures, dans une attente conviviale autour d’un verre, les spectateurs ont pu assister avec ravissement à l’interprétation, aussi étonnante qu’exceptionnelle, de la Symphonie N° 7 de Mahler.
Ainsi, le public nombreux a pu apprécier le professionnalisme, l’extraordinaire état d’esprit et le talent des musiciens du LSO. Ce sont toutes les équipes administratives, techniques, du duo dijon et du LSO, les musiciens et le chef qui ont fait fi des difficultés et des obstacles pour œuvrer dans le même but : faire partager la musique."
Un grand bravo à ce formidable travail d'équipe, à tous les niveaux !
D. Khor
PS : Le 15 mars 2008. Voici un lien vers un autre article sur le sujet, écrit par Stephen Sazio sur le site www.altamusica.com.
Notes
[1] si vous passez par Lyon, ne manquez pas de rendre une visite à Eric, 7 rue Jean Fabre daus le 2ème...

Moi qui voulais depuis longtemps voir l'envers du décor, j'ai été servi ! ; un concert fantastique après une formidable course contre la montre.
J'ai une pensée particulière pour mon ami Geoffroy Mercier, luthier qui avait trois violons de sa fabrication joués par l'orchestre, deux disponibles dans mon atelier et un prêté par Stéphane Warnet, violoniste à Chalon sur Saône.
Bravo au équipes du Duo Dijon qui à tous les niveaux ont fait la preuve de leur professionnalisme
Et bien entendu bravo aux musiciens du LSO qui ont accepté de jouer dans des conditions incroyables. Leur état de décontraction (flegme britannique ?) m'a laissé sans voix ! De plus ils ont été d'une extrême correction, rangeant à la fin du concert les instruments à cordes dans les boites ainsi que les archets, dans un ordre parfait.
Musicalement vôtre,
Thomas Billoux